Petit pommelier, cher petit pommelier...
Comme une envie de me pendre...Je suis perdue, j'aimerais vivre avec les fantômes du passé plutôt que de regarder en face le futur.
Une seule bonne raison d'ouvrir les yeux, une seule bonne raison de vouloir le faire, et je le ferai. Trouvez-moi cette raison puisque pour moi, elle ne semble pas évidente.
Je ne veux pas oublier ce que mon passé est et pourtant, je sais qu'il le faut. Que quelqu'un m'aide, n'importe qui, un dieu, un enfant ou même un rêve, que quelque chose me sorte de cette prison de souvenirs perdus !
Comment ai-je pu croire qu'un futur meilleur m'attendais ? Comment ai-je pu, à cette idée, négliger chacun de ces moments merveilleux en pensant qu'ils n'étaient que les premiers d'une longue liste ? Bien sûr qu'ils ne seront pas les derniers mais, aujourd'hui, quelques années plus tard, je prend conscience que chacun des moments que nous passons dans notre vie ne devient que beaucoup trop vite un souvenir qui s'efface.
J'aurais dû aimer et j'ai méprisé.
J'aurais dû savourer, au lieu de ça, j'ai consumé trop vite.
J'aurais dû apprécier et j'ai attendu la fin.
J'ai cette impression d'avoir tout raté. Je ne comprends pas comment, ni pourquoi. Aujourd'hui, je ne veux pas faire semblant, j'aurais tout le temps pour le faire demain.
Ce soir je veux hurler ma peine, je veux avoir le courage de voir la vérité en face et avouer que la peur me paralyse. Peur de ce futur inconnu dont tout le monde me parle sans savoir le définir. Peur du passé qui s'en va, peur de cette peur qui me rend impuissante.
Je ne veux pas qu'on me plaigne, mais j'ai besoin de le dire. Pour la première fois, je voudrais en parler mais une fois de plus les mots me manquent.
Demain, je serai de nouveau celle que tout le monde prefère voir. Ce Monde ne veut pas de soupirs, il est impitoyable et ne pardonne pas les faiblesses d'âme. Alors je lui sourirai. Je lui montrerai que tout va bien. Je briderai mon coeur et le saignerai jusqu'à qu'il se taise et arrête de pleurer lachement.
Je le regarderai de haut et le mépriserai de ce manque de fierté. Puis, quand le soir assombrira le ciel, je tenterai de panser ses plaies et lui demanderai de me pardonner. Je pleurerai avec lui afin de le soulager.
Mais, je sais déjà qu'une fois encore, il ne me pardonnera pas...Il deteste celle que je suis devenue tout autant que je me deteste.
Pardonne-moi mon coeur...pardonne-moi car je veux t'assassiner.
...et j'y parviendrai.